Cette recherche-action a ainsi donné la parole aux acteurs (joueurs et détaillants de jeux) et a révélé de fortes distorsions dans les perceptions de chacun, des écarts de représentations importants autour de la figure de « joueur à risque » et de « joueur problématique » entre le réseau de détaillants et les spécialistes de santé mentale. Ces écarts ont pour conséquences la difficulté à mettre en place de véritables actions de prévention du jeu problématique, en amont dans la formation du réseau, in situ dans l’identification des situations à risques et des situations de vulnérabilités, et en aval dans l’orientation des personnes vers les structures locales et ressources ad hoc.

La présente contribution fait état des résultats de la recherche-action menée par le pôle « Discriminations, violence et santé » de la LFSM, grâce au soutien du programme Jeu Responsable de La FDJ, soucieux de mieux qualifier les situations de vulnérabilité rencontrées dans une partie spécifique du réseau de vente : les points de vente-bars. Pour se faire, quinze mois d’enquête ethnographique ont été réalisés en immersion de novembre 2013 à janvier 2014, afin d’identifier les facteurs de protection concernant le risque addictif lié au jeu d’argent et de hasard, mobilisables dans ces lieux communautaires masculins.

Quatorze points de vente ont été sélectionnés selon différents critères, dont une typologie de détaillants selon une étude de 2008. Les observations et les entretiens réalisés auprès de 66 joueurs durant ces quinze mois d’enquête ont révélé : quatre attitudes (petit plaisir, routine, évasion, contrôle), quatre comportements et étapes (entrer, commencer, continuer, arrêter et recommencer), quatre motivations et points de focalisation (lieu et lien, temps, imaginaire, identité), et cinq rapports au gain et à la perte (plaisir/surprise, rituel/image, gain, jeu, problème), pour éclairer une trajectoire de joueur problématique. Les facteurs de vulnérabilités identifiés, et les facteurs de protection à renforcer ou à mettre en place (notamment via un projet de maraudes associant des jeunes en service civique), sont articulés autour de quatre pistes de recommandation en faveur de la réduction des risques en point de vente (l’accès à l’information, la prise en charge, les moyens de substitution, l’auto-support).

Ni objet, ni humain, le robot fascine depuis des siècles, et a suscité beaucoup de légendes, représentations et récits. Dans l’imaginaire occidental, les robots marquent une frontière, à mi-chemin entre l’artificiel et l’humain, entre le vivant et le mécanique. Le Golem par exemple, né de la mythologie juive, est un être artificiel fait d’argile. Cette statue, qui prend vie mais qui est dépourvue de parole, devient l’esclave de son créateur humain. Cette légende illustre le fantasme de l’Homme de se créer un double, permettant de l’assister, voire de le remplacer.

Qui ne s'est jamais assis sur un banc à regarder passer les passants ? Leurs démarches. Leurs postures. Leurs manières d'avancer. Leurs manières de marcher, de flâner ou de courir. Leurs façons d'occuper l'espace. Leurs manières de vivre, d'être, de se montrer dans cet espace. Les modulations de leur corps et de leurs apparences au sein de cet espace. Cet espace c'est la rue. Ce que l'on y observe c'est la mode. Ce regard est le mien, le votre, le sien, le notre ; c'est le regard de l'inconscient collectif qui, à travers les corps individuels, dessinent le corps collectif.

Les images d’hommes en quête d’évasion, de rébellion, de mouvement, d’ailleurs dionysiaque font appel aux figures mythiques du sportif, à travers des images invitant au voyage et à l’envol, aux archétypes de l’aventurier, du cow-boy et de l’errant et enfin à ces modèles rebelles, motards, bandits ou autres créatures sombres et étranges qui suscitent des symboles souterrains et obscurs, réveillent la part d’ombre et les aspects cachés et refoulés de l’homme et nous convient à penser l’ensauvagement du masculin

Nous allons parler aujourd’hui des liens entre la ville et la mode, et notamment la façon dont les formes, imaginaires et tribus urbaines déconstruisent et reconstruisent le monde de la mode, et en même temps la façon dont la mode façonne l’espace urbain. En prenant appui sur des éléments de mon terrain de recherche en Asie, à Tokyo, Séoul et Shanghai, qui apparaissent comme les métropoles centrales de la mode sur le continent asiatique, mais aussi sur mes recherches récentes sur la jeunesse urbaine et les jeunes consommateurs de mode postmoderne, il s’agit ici de mettre en avant les mutations de la mode contemporaine, le passage d’une mode dite « moderne » à une mode « postmoderne » en montrant comment aujourd’hui ce qui prévaut ce ne sont plus les tendances édictées mais le façonnement de son propre style : c’est ce que j’appelle le Fashioning Self Style (cf. Emilie Coutant in La Bezard Cathérine, La Mode pour les nuls).

Nos sociétés contemporaines ont aujourd’hui passé le cap de la modernité et entrent dans une phase de mutation des valeurs. Les constellations familiales sont un terreau fécond dans lequel s’agrègent, se forment se transforment le lien social et les relations interindividuelles.  Comprendre la façon dont se forment et se transforment les familles d’hier à aujourd’hui est capital pour saisir le fonctionnement de nos sociétés et envisager des politiques en matière d’éducation, de travail, d’urbanisme, d’habitat, de culture. La multiplication des situations de regroupement familial mais également des solidarités dans et au-delà des frontières de la famille pose une question centrale : comment ces personnes vivent, habitent, cohabitent ensemble ?

Cette présente communication est une synthèse des résultats d’une recherche qui fut l’objet de ma thèse de Doctorat en Sociologie. Intitulée « Le Mâle du siècle : mutation et renaissance des masculinités », cette thèse avait pour ambition de décrire les effervescences actuelles du masculin, en prenant appui d’une part, sur les représentations stéréotypées de ce genre singulier telles qu’elles se sont données à voir et à penser dans notre société occidentale, et d’autre part sur les constructions archétypales, autrement dit les figures primordiales, qui fondent l’imaginaire occidental de la masculinité et qui tendent à ressurgir dans le paysage médiatique actuel sous des formes symboliques, comme autant de propositions pour des masculinités nouvelles ou résurgentes. Je reviendrais sur cette posture épistémologique particulière (entre sociologie compréhensive, phénoménologie, anthropologie de l’imaginaire et psychanalyse jungienne) et sur les outils méthodologiques utilisés (méthode intuitive, mythanalyse, cosmologie bachelardienne) plus tard dans la discussion.

Dans notre société occidentale contemporaine, on assiste depuis quelques décennies à une mutation de valeurs, un changement sociétal qui agite en profondeur à la fois notre individualité et notre sentiment d’appartenance au tout collectif. On observe en effet le passage d’une société régie par le travail, la morale, la Raison, le progrès et la performance, basée sur la logique du « devoir-être » à une société de loisirs fondée sur  le développement technologique, la centralité de l’image et l’intensité de l’activité communicationnelle, basée désormais sur la logique du « vouloir-être », où prime dès lors le carpe diem et l’avènement de multiples éthiques, notamment celle de l’esthétique. Au sein de cette nouvelle ambiance sociétale, l’éthique de l’esthétique puise ses racines dans le retour des émotions et des passions localisées, dans le relent communautaire et les sensibilités effervescentes ritualisées mais surtout dans un corporéisme ambiant et un hédonisme diffus qui témoignent du retour de la complexe entièreté de la nature humaine. Cette nature humaine, qui ne peut plus être résumée à l’unité de l’individu s’épanouit au contraire dans la mise en scène d’identifications multiples.

«DébutPrécédent12SuivantFin»
Page 1 sur 2

Credits: Website powered by Livod - Logo & Print by Pulse Communication - Copyright © 2008 - 2018 Tendance Sociale.