Lundi, 01 Mars 2010 13:17

Xynthia, le show et l’effroi

Écrit par  Emilie Coutant
Xynthia L'Aiguillon sur mer

La terrible tempête qui a traversé la France n’a pas été tendre avec notre chère Vendée.  Arbres abattus, inondations, maisons ravagées, digues ébréchées, littoral dévasté sans parler des nombreux morts qui plongent notre région dans la tristesse.

Les médias traditionnels (presse, radio, TV) ont fourni de nombreuses informations dès le matin, avec des éditions en direct des zones les plus sinistrées (comme la Faute  s/M. ou l’Aiguillon s/M) mais c’est incontestablement par Internet que les premiers dégâts constatés par les habitants ont été relayés. Ceux qui ont eu la chance d’être épargnés par le désastre chez eux sont allés directement dans les zones les plus touchées, prendre quelques clichés pour les partager sur Flick’r, Facebook, blogs personnels, voire en ont fait des clips vidéos sur Youtube.  Certains réseaux téléphoniques étant endommagés, les réseaux sociaux se sont avérés les meilleurs outils de communication entre les différents villages. Ainsi, amis, voisins, connaissances ont endossé leur casquette de « journaliste amateur », piqués au vif par ce drame, et ont permis à ceux qui n’était pas sur place (famille, amis éloignés, vendéens exilés…) d’avoir des nouvelles de leurs proches et de l’état de leur territoire.

Comme lors du tremblement de terre qui a récemment dévasté  Haïti, les internautes éprouvent le besoin de se rassembler, de communier autour de ces images, de se soutenir et de se sentir soutenus. On partage les émotions ressenties, on échange nos regards à la fois stupéfaits, fascinés et « répulsés », on s’agrège en foule, on communie…le témoignage permet alors de se purger de la violence des images (sorte de catharsis), de participer « magiquement » à un l’être-ensemble.  Sorte « d’analogie affective » (Maffesoli) qui rappelle la fonction des « rites piaculaires » (Durkheim), par lesquels une communauté se stucturait uniquement en laissant s’exprimer les pleurs et autres humeurs collectives.

C’est bien le sens des nouvelles communautés web 2.0 qui, au travers de leurs communications et leurs images, partagent leurs émotions. Et soufflent « le show et l’effroi ». Je vous invite à découvrir les dégats de Xynthia sur le littoral, ainsi que les albums photos d’amis partagés sur ma page FB, et qui ont suscité l’intérêt du journaliste David Abiker pour sa chronique sur France Info, « Xynthia, les images amateurs reprises par les pros », dans laquelle j’ai témoigné en fin de matinée. Enfin, preuve de l’effervescence tribale (communautaire) et de la participation collective jetez un oeil à  la page FB « Enorme pensée pour la Faute-L’aiguillon (85) ♥ » qui regroupe déjà + de 5000 « fans » en moins de 24h.

Xynthia Route de La Faute s/mer

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